Aider, plus qu'une volonté

Seisme HAÏTI janvier 2010

12 janvier 2010, 16h02 heure locale, 22h02 heure française, la capitale d’Haïti, Port au Prince, était  dévastée par un puissant tremblement de terre de magnitude 7.3. Haïti n’avait pas connu une secousse d’une telle violence depuis au moins un siècle. Secouristes Sans Frontières s’est positionnée dès les premières heures pour venir en aide à la population haïtienne.
haitigroupdepart
Afin de répondre au mieux à la situation et à la demande des autorités, la composition de l’équipe Secouristes Sans Frontières a été modifiée quelques heures avant le départ. Initialement prévu dans le dispositif de secours, les chiens de recherche n'ont pas embarqué. L'équipe en Haïti était constituée de 5 médecins, une infirmière et des sauveteurs aides soignants soit au total 20 personnes.
 
Cette équipe était composée de membres des délégations Auvergne, Bourgogne, Moselle, Normandie, Rhône Alpes, Pays Basque et Vosges. Plus d’une tonne de matériel a été emportée, comprenant un Poste Médical Avancée, du matériel médical de secours d’urgence, des appareils d’écoute et de localisation de victimes ensevelies, du matériel d’extraction et de conditionnement.
 
Au retour de cette mission, un double sentiment baigne au fonds de chacun des membres de l’équipe : la satisfaction d’avoir tout mis en œuvre pour venir en aide aux Haïtiens mais aussi le regret de n’avoir pas pu emmener les chiens de décombres dont le concours nous est essentiel. 
 
Au regard de l’étendue de cette catastrophe, l’action de Secouristes Sans Frontières a été très concrète : près de 1 300 personnes médicalisées, 25 corps rendus à leurs proches et 1 vie sauvée : Hotteline Losama, 25 ans, extraite des décombres 7 jours après le séisme au terme de 13 heures de travail. Nous vous invitons à consulter le rapport médical d’Irène Messant, directrice médicale.
 
 
Dans le but de poursuivre notre action en Haïti, nous avons fait don de tout notre matériel sur place, que ce soit le matériel médical, de recherche ou d’hébergement. Ce matériel représente une valeur d’environ 15 000 €. 
 
 

Communiqué de presse - Mercredi 13 janvier (9h)
 
Une équipe d’une vingtaine de personnes est prête à partir depuis ce matin 10 H. Elle est composée d’un chef de mission, d’un logisticien, de trois médecins, de deux paramédicaux, de 9 secouristes et de 4 maîtres-chiens.  Le top départ sera validé si nous obtenons rapidement des billets d’avion et la possibilité d’acheminer le frêt sur place (environ 3 tonnes de matériel). Le prix d’un billet d’avion est d’environ 1000 € ce qui représente un coût global d’environ 20 000 € uniquement pour le transport. Si nous partons demain, nous aurons mis en place une équipe en moins de 48 h. Cette mission devrait se faire sur 5 à 7 jours.

Communiqué de presse - Jeudi 14 janvier (8h)
 
 
Suite à la réunion qui s’est tenue jeudi 14 au centre de crise du Ministère des Affaires Etrangères, et à laquelle Secouristes Sans Frontières était présente, le « top départ » de la mission Haïti a été donné cette nuit par la direction de Secouristes Sans Frontières. L’équipe (venant de toute la France) converge actuellement vers Paris Orly. A l’heure actuelle, le départ est fixé à Samedi 16 sur le vol : PARIS/PT AU PRINCE TX 53416JAN ORLYSUD/09H40 15H45 . Retour prévu le 23 janvier : PT AU PRINCE/PARIS TX 534 23JAN 17H15 ORLYSUD/08H05. Nous attendons cependant confirmation d’un éventuelle départ anticipée ce vendredi 15 par le biais d’un nouvel avion spécialement affrété par le Ministère des Affaires Etrangères.
 

L'équipe en attente d'un départ à Roissy CDG - Crédit photo Arnaud Finistre Tous droits réservés
 
Communiqué de presse - Samedi 16 janvier (10h)
 
 
 
Le temps passe plus que lentement pour nos secouristes qui attendent à l’aéroport de Roissy depuis jeudi 14 dans la nuit. Secouristes Sans Frontières, mais également les pompiers de Paris, des hommes de la sécurité civile et des pompiers de Sâone et Loire sont toujours dans l’attente de l’avion militaire qui doit les conduire jusqu’en Haiti. C’est long, très long, d’autant plus que nos hommes sont prêts depuis mercredi matin, c'est-à-dire quelques heures après l’annonce de la catastrophe par notre cellule de veille opérationnelle. C’est long, très long, d’autant plus qu’il y a sur place une grande détresse humaine, que notre aide est précieuse et qu’il est frustrant de ne pouvoir l’apporter. Le départ est prévu normalement dans la matinée. Les secouristes sont répartis en deux équipes : une de SD (secouristes déblaiement), et une autre de médecins et paramédicaux. Les chiens de recherche ne prendront pas le départ sur demande des autorités.
 
Crédit photos : Arnaud FINISTRE - Journal LE BIEN PUBLIC  ( tous droits réservés )
 
 
Communiqué de presse - Samedi 16 janvier (18h)
 
Voici le point de la situation sur l’organisation des Secours vers HAITI . Ces informations sont compilées à partir des éléments fournis par la coordination ONU sur place. Actuellement il n’est plus demandé d’équipes de recherche et d’hôpitaux de campagne. Seules les équipes en cours de transfert vers HAITI sont autorisées à arriver sur l’Ile. Les équipes qui ne sont pas encore en cours d’acheminement sont priées de rester à leur base. Il y a actuellement 1 500 sauveteurs et 115 chiens sur les lieux. L’aéroport de Port au Prince est sous contrôle américain et seuls les avions humanitaires sont autorisés à se poser sous réserve qu’ils aient suffisamment de carburant pour repartir car il n’y a plus d’essence avion  sur le site. Les équipes de recherche ne sont pas autorisées à travailler de nuit, sauf si elles ont une présomption de sauvetage d’une personne vivante, elles doivent absolument faire appel à la MINUSTAH pour assurer leur sécurité. A l’heure actuelle 58 personnes auraient été sauvées depuis le début des recherches.(Répertoriées au niveau de l’ONU – il y a probablement beaucoup d’autres cas de sauvetage, notamment un largement médiatisé par une télévision australienne car c’est un reporter de cette chaine qui a entendu et secouru une petite fille). En ce qui concerne SECOURISTES SANS FRONTIERES le départ très retardé pour cause d’encombrement aérien se fera le dimanche 17 janvier à 9 h du matin de Roissy CDG Terminal 3. L’équipe a été recomposée pour répondre aux demandes, elle est dorénavant constituée de 5 médecins, une infirmière, et des sauveteurs aides soignants soit au total 20 personnes. Il n’y a pas de chiens de recherche. L’activité sera surtout concentrée sur la tenue d’un PMA si possible dans une zone non encore couverte par les secours. L’équipe sera sous le commandement du chef de détachement de la Sécurité Civile. La capacité de soins de l’équipe est de l’ordre de 1 600 patients, soit à peu près 8 jours de travail intensif. Nous rappelons que l’équipe est auto-suffisante en vivres et eau pour 10 jours.

Communiqué de presse - Dimanche 17 janvier
 
Notre équipe a décollé, enfin, ce dimanche après-midi  de Roissy à 13 h 45 à bord d’un AIRBUS A 310-300 de la compagnie BLUE LINE affrétée par le Ministère des Affaires Etrangères. Le plan de vol faisait une escale à Istres (Bouches du Rhône) pour compléter son chargement de  matériel de secours, puis devait faire une escale technique à TEICEIRA ISLAND aux Açores vers 19 h 10 pour reprendre du kérosène. Le créneau d’atterrissage obtenu pour Port au Prince, l’aéroport étant maintenant totalement sous le contrôle de l’US Army, est à 11 h du matin demain lundi 18 janvier (heure locale) soit 16 h en France ! Il y aura une escale de 7 h à Saint Domingue. En terme de kilomètres parcourus cela représente à vol d’oiseau : 8 320 km  en 26 h.

Communiqué de presse - Lundi 18 janvier
 
Notre équipe est enfin arrivée à Port au Prince ce lundi vers 13 h (heures françaises). Elle a immédiatement pris contact avec le Commandement de l’ONU qui lui a affecté un lieu de bivouac sur l’aéroport. L’équipe sera sous le commandement du chef de détachement de la Sécurité Civile. A 18 h le bivouac était prêt mais le Poste Médical Avancé ne fonctionnera que lorsque les consignes de lieu d’affectation seront données par les autorités.  Un des premiers problèmes rencontrés est le manque total de carburant, seul du gas-oil pour moteur diesel est disponible, nos groupes électrogènes fonctionnent tous avec de l’essence sans plomb. Il sera donc difficile d’éclairer le campement (la nuit tombe vers 18 h) et de recharger les batteries des téléphones satellites. Or ceux–ci sont cruciaux pour que les équipes puissent communiquer entre elles et notamment avec le PC Onusien.
 
Nous avons donc décidé de faire une seule vacation téléphonique par satellite chaque soir vers minuit. Celle-ci fera alors l’objet d’un résumé qui sera diffusé le lendemain matin. Un livre d’or a été ouvert sur notre site, n’hésitez pas à y écrire un petit mot d’encouragement pour nos équipiers et pour le peuple haïtien qui a bien besoin d’être soutenu dans cette épreuve. A la fin de la mission tout le matériel apporté sera offert sur place à une association caritative (tentes, groupe électrogène, matériels de découpage, etc.).

Communiqué de presse - Mardi 19 janvier 
 
Notre équipe de 5 médecins a été envoyée en renfort à l’hôpital. C’est sur le stade que les soins sont prodigués. Cet endroit est relativement sécurisé, ce qui leur a permis de soigner environ 500 personnes pour cette première  journée. Pour ce qui concerne l’équipe SD (secouristes déblaiement), ils ont pu travailler avec une équipe turque du même type ainsi qu’un groupe de cyno hollandais. Les hommes interviennent sur toute la zone sinistrée par quadrillage systématique. Ils continuent à rechercher activement les victimes qui pourraient encore se trouver dans des poches de survie, mais procèdent également à l’évacuation des corps. Les secouristes sont accompagnés sur le plan de la sécurité, ce qui leur permet de travailler plus « sereinement ». Ils se soutiennent et bien que ce soit le chaos, les actions restent coordonnées. Malgré la fatigue, ce sont des équipes motivées qui ont travaillé, sans s’arrêter, tout au long de la journée, portées par un sentiment d’utilité. Le point délicat est l’approvisionnement en eau mais surtout en carburant. En effet, ce dernier permet d’assurer le fonctionnement des groupes électrogènes et donc des liaisons téléphoniques. C’est pourquoi nous n’aurons qu’un appel par jour pour l’instant. Le moral de l’ensemble de notre équipe est bon. Tout le monde va bien.
 

Communiqué de presse - Mercredi 20 janvier
 
Hotteline Lozama - Crédit photo Arnaud Finistre Tous droits réservés
HOTTELINE LOZAMA VIVANTE !
 
Alors que certains décident d’abandonner les recherches 8 jours après le séisme qui a ébranlé Haiti, les équipes de Secouristes Sans Frontières font le pari de poursuivre. Et c’est un pari réussi. Depuis 22 heures hier mardi (heure française), notre équipe, des pompiers haïtiens et des secouristes américains ont bataillé pour extraire une victime de sa prison de pierres et gravas. La jeune femme de 25 ans est coincée.
 
Hotteline Lozama peut à peine bouger. Elle est pourtant certaine que l’on viendra la chercher. C’est ce qui l’a maintenu en vie. Elle n’a ni mangé ni bu depuis 8 jours. Elle n’a pas vu la lumière non plus.
 
Il aura fallu 12 heures à nos hommes pour la sortir de cet enfer, 12 heures de travail minutieux avec caméras infrarouge. 12 heures pour l’extraire délicatement, après avoir tronçonné les pièges qui la retenaient.
 
 
 
A 2 heures du matin (heure française) Bruno Besson faisait passer le message suivant :
" Sauvetage en cours - prendra du temps car espace très restreint -  un corps mort gène le passage du médecin SSF sur les lieux -  Les équipiers tournent en rotation il fait très chaud. - 2 dalles de béton coupées, progression très lente, un éclairage mis en place pour la nuit" Puis à 5 heures 30, Bruno passait le message : "Victime sortie. extra . Grands frissons."
 
 
Interview radio de Thierry Cerdan, directeur SSF sur Europe1.fr avec Matthieu Bock
 
 
6 heures, Jean-Philippe Oustalet, notre président, nous joignait par téléphone : « Nous avons réussi, nous avons réalisé un rêve, nous avons pu sauver une vie, nous sommes tellement heureux ! Nous reprenons le travail »
 
Les médecins n’ont pas mesuré leur peine non plus. Ils ont soigné environ 200 personnes dans l’après midi. Les cas traités sont pratiquement tous identiques. Les plaies sont très infectées. Notre équipe, pourtant exténuée, n’arrive pas à trouver le sommeil. C’est une autre journée qui va commencer, sauf que celle-ci a un gout de véritable espoir.
 

Communiqué de presse - Vendredi 22 janvier
 
 Après un voyage en bus long et éprouvant pour rallier Haïti à Saint DOMINGUE, l'équipe de Secouristes Sans Frontières a pris un vol pour FORT DE FRANCE en Martinique puis décollera vendredi 22 janvier à 17 h 30 à bord du vol Air Caraibes TX511 à destination de PARIS ORLY SUD pour un atterrissage prévu samedi 23 janvier à 6 h 45. Nous vous attendons nombreux à Paris ou dans vos régions respectives pour les accueillir. Alors que certains décidaient d’abandonner les recherches 8 jours après le séisme qui a ébranlé Haïti, nos Secouristes Sans Frontières ont fait le pari de poursuivre. Et c’est un pari réussi ! Une jeune femme de 25 ans, Hoteline, a pu être extraite de sa prison de pierres et gravas mercredi. Elle pouvait à peine bouger. Elle était pourtant certaine que l’on viendrait la chercher. C’est ce qui l’a maintenu en vie. Elle n’avait ni mangé ni bu depuis 8 jours. Elle n’avait pas vu la lumière non plus. Il aura fallu 12 heures à nos sauveteurs bénévoles (hommes et femmes) pour la sortir de cet enfer, 12 heures de travail minutieux avec caméras infrarouges. 12 heures pour l’extraire délicatement, après avoir tronçonné les pièges qui la retenaient.
 
Les 5 médecins n'ont pas mesuré leur peine non plus. Ils ont soigné environ 500 personnes par jour. Les cas traités ont été pratiquement tous identiques. Les plaies sont très infectées. Les autorités ont demandé que cessent les recherches, nos équipes ont pris le chemin du retour vers la France, avec un vrai sentiment de devoir accompli.
 
 

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