Aider, plus qu'une volonté

Témoignage de HOTTELINE LOZAMA

Témoignage de HOTTELINE LOZAMA

Prenez le temps de lire ci-dessous le témoignage de Hotteline LOZAM que nous avons sorti des décombres 8 JOURS après le séisme de 2010 à HAÏTI . Elle s'exprimait devant une réunion mondiale des USAR (Équipe de SECOURS ET DE RECHERCHE organisée par l'ONU). IL EST POIGNANT ET MERVEILLEUX.

  A travers le monde, sous une forme ou sous une autre, les bouleversements, les catastrophes naturelles se font de plus en plus remarquer. Nous sommes témoins de tsunami, inondation, ouragan et bien d’autres qui ont causé d’importants dégâts tant sur le plan matériel qu’au niveau des êtres vivants, ayant ainsi de lourdes conséquences particulièrement sur la société touchée.

 

Je me souviens encore et je me souviendrai toujours de ce jour où un terrible séisme a secoué plusieurs villes d’Haïti dont Port-au-Prince la plus touchée. J’ai passé huit (8) jours sous les décombres et je vais, en tant que rescapée de ce tremblement de terre qui a frappé mon pays en date du 12 janvier 2010, vous expliquer, très brièvement, l’expérience que j’ai vécue.

 

Laissant mon travail, avant de rentrer à la maison, j’ai passé à un magasin pour acheter un cadeau pour une amie (une collègue de travail qui allait fêter son anniversaire de naissance). Tandis que je regardais les articles dans le magasin (le cadeau à acheter), soudain, tout s’est mis à trembler. Dans l’espace d’un cillement, me voici allongée par terre, dans un coin noir, sans être capable de me tenir debout ni de faire grands gestes. Là, je me demandais, en vain, qu’est ce qui s’est passé. Je n’ai rien compris. La seule évidence, c’est que je me trouvais allongée dans un coin noir.

 

Communication téléphonique interrompue, je me suis rendue compte qu’il n’y avait aucune possibilité de rentrer en contact avec ma famille ni avec mes amis. Après quelques minutes, j’ai essayé de crier au secours. Mais c’était une vaine tentative parce que ma voix ne pouvait percer ni les objets ni les murs entre lesquels je me trouvais coincée surtout j’étais à l’étage. Je ne pouvais même pas savoir quand il fait jour ou nuit. Au fur et à mesure, j’ai commencé par comprendre le degré élevé de complication de ma situation quand j’ai pu entendre à l’aide de la radio sur mon téléphone portable qu’il s’agit d’un terrible tremblement de terre.

 

Complètement déconnectée avec l’extérieur quand après environ deux jours mon portable n’a plus de charge. De quoi vais-je me nourrir ? De quoi vais-je subvenir à ma faim et ma soif ? Personne ne sait si je suis ici, qui va enfin me secourir ? Pour quand suis-je dans ce coin noir ?

 

Soudain, je suis arrêtée de me poser des questions, de me débarrasser de toutes ces idées confuses. En effet, j’ai décidé de me libérer de cette frayeur, cette torpeur, ce désespoir momentané pour m’attirer d’ondes beaucoup plus positives. J’ai commencé à converger mes pensées vers au moins une possibilité de sortir de ce coin noir. Je me suis dit que je ne vais pas y rester ; je ne dois pas y rester et que je dois en sortir vivante. Je ne savais pas quand j’allais laisser ce trou, mais je croyais fermement que je le laisserais vivante. Au plus profond de moi je me répétais incessamment cette petite phrase courageuse et pleine d’espoir : Je ne dois pas mourir, je dois vivre pour ensuite partager au monde entier cette expérience inoubliable.

 

Je n’avais plus peur de ce coin noir parce que je me disposais d’assez de ressources nécessaires à me permettre de garder ma confiance même après des semaines. Je n’avais pas faim car je me nourrissais de ces aliments fortifiants qui se trouvent à l’intérieur de moi-même ; cette énergie qui m’alimentait constamment et qui me rendait forte, solide pour arriver à surmonter cette difficulté. Je n’avais pas soif car je buvais toujours l’eau de l’espoir ; l’eau qui rend optimiste peu importe le calvaire. J’ai compris que le danger n’était pas de se trouver dans ce coin noir, mais de se laisser pénétrer par ce noir. C’est pourquoi, j’ai gardé vive cette lumière mentale jusqu’à ma sortie de ce tombeau.

 

Tandis que j’étais encore allongée, les jours et les nuits passent, de loin j’ai parfois entendu du bruit (il s’agissait des gens qui venaient piller pour subvenir à leur besoin au rez –de- chaussée du magasin). Sans tarder à chaque fois, j’ai crié de toutes mes forces dans l’espoir que c’est quelqu’un qui peut être pour moi un sauveur. Mais ces

cris d’alarme pendant sept jours ne me sont utiles à rien.

 

Le mardi 19 janvier 2010, j’étais encore là coincée. Ce jour de délivrance. Les gens comme chaque jour viennent piller le magasin. Je suis toujours là à les entendre en bas pour crier au secours. Mais ma voix de plus en plus faible, mes salives de plus en plus sèches. Après avoir crié à plusieurs reprises, le bruit cessa. Après environ une demi-heure, le bruit a recommencé. Ce jour-là, le propriétaire du magasin avait mis des agents de sécurité qui eux-mêmes courent derrière les gens qui venaient piller. Ayant attrapé l’un des pilleurs, pour se sauver la peau, ce dernier dit entendre un survivant là- haut qu’il faut secourir. Il était environs 11 heures du matin. Mais cette fois-ci, à chaque cri poussé, j’avais l’impression que ce bruit avance vers moi. Alors, j’ai poussé un cri de délivrance car j’ai compris que le moment est venu pour qu’enfin je sorte de ce coin noir. Des gens ont passé plus de 11 heures à faire des manœuvres, à creuser les murs, avant d’arriver vers moi. J’attendais patiemment ce moment. Oui, j’attendais sereinement ce moment. C’était dans la nuit du 19 janvier 2010, soit huit (8) jours après le séisme. Ces secouristes internationaux avaient fait montre de courage, de patience. Ils ont tout fait pour me sortir de ce trou. Je veux saisir de cette opportunité pour leur renouveler, encore une fois, l’expression de ma haute gratitude.

 

Je suis persuadée qu’ils sont nombreux les gens qui, à travers le monde, font face à un coin noir. Si pour certains ce coin noir représente la maladie, pour d’autres c’est le chômage avec tout ce qu’il entraine et autres difficultés. Partout où je me trouve, je saisis toujours l’occasion de partager cette expérience. Je crois qu’elle peut être utile; qu’elle peut servir à influencer, positivement bien sûr, hommes et femmes se trouvant dans une difficulté. Je crois que l’homme se découvre quand il se mesure à l’obstacle.

 

Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 qu’a connu Haïti a laissé de graves conséquences tant sur le plan social, mental que sur le plan économique. Des maisons, églises, écoles, hôpitaux totalement détruits, plus de trois cent cinquante mille (350 000) morts. Aujourd’hui encore, cinq (5) ans et 10 mois ans plus tard, ce pays sous-développé garde les séquelles de cette catastrophe.

 

Je ne veux pas terminer sans encore une fois remercier les Secouristes Sans frontières France qui ont su faire un travail colossal pour me retirer de ce tombeau. Merci également à tous ceux qui m’ont toujours supporté par leurs mots d’encouragement, leurs conseils et qui vont encore me soutenir dans différentes initiatives que j’aurai à prendre.

Je veux remercier les organisateurs de cet évènement (INSARAG, Les Nations Unies) qui m’ont invité à y prendre part malgré les difficultés rencontrées pour venir.

 

Merci pour toutes les dépenses effectuées pour moi et toute l’attention à mon égard. Je vous en suis très reconnaissante. Mon dernier mot c’est encore pour remercier mes Secouristes Sans frontières France. Je pense toujours à vous. J’espère que vous soyez bénis dans l’accomplissement de cette œuvre gigantesque. Je ne suis plus sous les décombres du séisme du 12 janvier 2010 qui auraient pu emporter ma vie, mais debout pour parler de cette expérience grâce à mon Dieu d’abord et ensuite à vous.

 

En mon nom personnel et au nom de toute ma famille et du peuple haïtien, je vous remercie de votre assistance après cette catastrophe épouvantable.

 

Merci

  HOTTELINE LOZAMA 2

L' ambassadeur Toni FRISCH Président de l'INSARAG, Hotteline LOZAMA et Winston CHANG

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